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La symbolique du Monument de la Renaissance Africaine

En plein cœur du quartier Ouakam, dans la ville de Dakar, sur l’une des deux collines volcaniques qui surplombent la capitale sénégalaise se trouve la statue la plus haute et la plus imposante d’Afrique : le Monument de la Renaissance Africaine. Officiellement inauguré en avril 2010, le monument est un symbole de dignité, de prospérité et de défis. Cependant, il fut l’objet de vives critiques avant et après sa construction.

La symbolique du Monument de la Renaissance Africaine

Comprendre le Monument de la Renaissance Africaine

Érigé à une hauteur de 52 mètres, le Monument de la Renaissance Africaine est un massif fait de bronze et de cuivre. En comparaison, il est plus haut que le Christ Rédempteur à Rio de Janeiro au Brésil ou la Statue de la Liberté à New York aux États-Unis. Le Monument de la Renaissance Africaine représente un couple et son enfant, les yeux rivés vers le ciel et fixant l’horizon futur. L’homme torse nu, aux muscles saillants, enveloppe de son bras droit la femme par la taille et porte sur son biceps gauche l’enfant.

Voici ce que déclarait le commanditaire du projet, l’ancien président sénégalais Abdoulaye WADE : « L’homme, la femme et leur enfant feront face au soleil, symbolisant l’ouverture du continent au reste du monde. C’est une force de propulsion et d’attraction dans la grandeur, la stabilité et la pérennité de l’Afrique ». En somme, le moment représente un continent quittant l’obscurantisme et des années d’emprisonnements pour aller vers la lumière.

Conception du Monument de la Renaissance Africaine

Le Monument de la Renaissance Africaine fut initié par l’artiste sénégalais Ousmane SOW et dessiné par le président Abdoulaye WADE. Ce dernier détient 35 % des droits de la propriété intellectuelle de l’œuvre. La maîtrise d’œuvre fut assurée par le célèbre architecte sénégalais Pierre ATEPA. L’exécution des travaux fut confiée à l’entreprise nord-coréenne Mansudae Overseas Projects.

Les travaux de construction ont démarré en 2002 pour s’achever en 2009. Le montant total des travaux est estimé entre 15 et 23 millions d’euros, soit entre 9 et 15 milliards de FCFA. L’inauguration a eu lieu lors de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Sénégal. Étaient présents une vingtaine de chefs d’états africains, un haut dignitaire nord-coréen et une forte délégation du gouvernement français.

Controverses entourant le Monument de la Renaissance Africaine

L’histoire du monument de la Renaissance Africaine est entourée de nombreuses polémiques. La première concerne la participation de l’État nord-coréen au projet. En effet, la statue fut construite par une entreprise appartenant à la Corée du Nord. Le président WADE expliquait avoir négocié un accord pour ne pas payer la totalité du montant de la construction.

En contrepartie, l’État sénégalais s’engageait à céder à son homologue nord-coréen 30 à 40 hectares de biens immobiliers de premier choix. L’ironie de la situation est celle d’un monument symbolisant la liberté construit par un État répressif.

La seconde controverse est relative au coût de la construction. Les critiques les plus virulentes émanaient des opposants au régime. Dans un pays où plus de 47 % de la population vit en dessous du seuil de la pauvreté, les fonds alloués à la construction auraient pu être investir dans des programmes à caractères sociaux.

La troisième controverse est liée au design du monument. Certaines personnes jugent le style trop stalinien tandis que d’autres y voient un symbole de l’impudicité : une femme à peine vêtue au bras d’un homme torse nu, le tout dans un pays à 95 % musulman. En outre, les féministes le considèrent le monument comme trop machiste, l’expression de la domination du mâle africain sur la femme.

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